Buenos Aires

Buenos Aires est la capitale mondiale incontestée et incontestable du tango

Ce site se propose de vous en faire découvrir certains aspects,
ceux qui me plaisent et que l'on ne trouve pas vraiment ailleurs.

Remarque liminaire

Tout d'abord, il s'agit de donner ici mes impressions, d'indiquer ce qui me plait. Je ne souhaite pas heurter ceux qui ont des sensibilités différentes et qui se plaisent dans leur tango.

L'Argentine et l'Uruguay ont donné le tango au monde, chaque danseur, chaque pays a développé son propre tango. Je pense cependant qu'un retour aux sources est intéressant.

Si, à travers ces quelques lignes je vous donne quelques pistes pour trouver le vrai tango portègne (celui des habitants de Buenos Aires), j'aurai atteint mon but. Il est en effet tout à fait possible d'aller en Buenos Aires en passant totalement à côté de son tango, tant les courants et l'industrie du tango y sont actif et variés..

Je crains cependant que ce tango disparaisse avec les générations âgées qui le pratiquent, allez donc le voir et le vivre tel qu'il est, dans l'espoir que cela retardera le phénomène d'internationalisation.

Trouver une milonga

Ce ne sont pas les milongas qui manquent à Buenos Aires. Il est même assez difficile de s'y retrouver. En effet, dans le même lieux, il peut y avoir le même jour deux milongas qui se succèdent (une à la tarde et une à la noche) et qui peuvent être d'un genre tout à fait différent.

Les mêmes organisateurs peuvent s'activer selon les jours en des lieux différents. Les DJ sont aussi un des éléments à prendre en considération. Il faut donc non seulement connaître l'adresse, mais aussi le nom de la milonga et les jours et horaires. Négliger un de ces éléments risque de vous conduire à quelques déconvenues...

Un site sur les milongas de Buenos Aires, certains soirs, il y en a une quarantaine !


Les styles de tango à Buenos Aires

Le tango international

Dans certaines milongas, on peut se croire à Paris. C'est par exemple le cas de la Confiteria idéal.  On y trouve surtout des danseurs étrangers. La mirada marche assez mal et le bal est peu harmonieux.

Si on souhaite voir du beau tango nuevo, il est sans doute plus prudent d'aller à la noche à la Viruta. Par contre, le terrain est dangereux pour les danseurs ordinaires. Comme dans la plupart des milongas portègnes, où il y a du monde, seul le tour de piste est fréquentable en sécurité. Si les meilleurs danseurs arrivent à y faire des évolutions spectaculaires, ceux qui bougent mal se trouvent vite rejetés au centre de la piste, lieu de tous les dangers. Il s'y passe en effet des choses aussi agitées que dans certaines milongas française, mais avec beaucoup plus de monde... Ambiance panier de crabe garantie.

Ne rêvez pas. Si vous n'êtes pas excellent et pas particulièrement attirant, vous danserez plutôt avec des étrangers qu'avec ces jeunes argentins merveilleusement doués. Si vous êtes cavaliers et que vous n'avez pas la maîtrise de vos ambitions, vous resterez sur votre siège...

De façon plus abordable, vous pourrez pratiquer ce type de tango dans la plupart des milongas fréquentées par les touristes, par exemple, Porteno y Ballarin ou la Ideal. Là, vous rencontrerez beaucoup de touristes, quelques argentins venus de province, mais surtout des dizaines de "professeurs" prêts  vous en donner pour votre argent et qui, pour certains cherchent plus à avoir un client de plus qu'à vous mettre sur la piste du vrai tango, beaucoup moins lucratif pour eux...

N'aimant pas trop le tango international, je ne fréquente pas ces lieux. Je préfère le tango que j'appelle Portègne, mais que les Portègnes nomment simplement "Tango" :
 

Le tango Portègne

Ce que je préfère à Buenos Aires, c'est ce tango dansé dans les milongas de quartier. Il se caractérise par un abrazo milonguero et une très grande harmonie entre les partenaires du couple et en général de toute la piste.

On trouve ce tango, par exemple à Canning le mercredi à la tarde, à la Leonesa (Milonga de Los Consagrados en particulier), au nouveau Chiqué ou à el Arrenque. La moyenne d'âge est souvent très élevé, mais c'est si beau à voir et à pratiquer !

La danse est musique.

 

A noter que l'on trouve aussi un tango milonguero, très accentué. Il est en général pratiqué dans certaines milongas pour femmes touristes et hommes Argentins. Des clubs comme El Beso s'en sont fait une spécialité. On y trouve donc difficilement des Argentines, mais beaucoup d'Argentins et d'étrangères...

 

Voir aussi ci-dessous pour plus de précisions...


 

Vivre une milonga à Buenos Aires

Ce qui frappe le plus, c'est le sentiment d'amitié, de communauté qui se dégage de ces milongas. Assis avec les hommes, on discute, on se fait des amis, on fait partie d'une communauté.

La galerie photo d'Horacio

Avec mon ami Juan,
organisateur des jeudis de Gricel et de Sentimental y Coqueta.

Avec mon ami Horacio,
qui viendra de plus en plus en France. En plus d'être un ami précieux, il saura aussi vous faire découvrir le véritable tango.

 

Pour arriver à cette fusion, il suffit de suivre quelques recommandations.

  •  Danser sur la musique et pour sa cavalière.

  •  Rester à sa place, ne pas troubler l'harmonie du bal.

  •  Ne pas avoir peur de danser sans figure, c'est à dire exclure toute barrida, gancho et même sandwich et bien sûr toutes les autres figures encombrantes qui sont très peu pratiquées ici.
    Si vous dansez bien en musique, avec un guidage doux et clair, vous aurez de nombreuses cavalières qui vous inviteront à chaque début de tanda.

  •  Vous devez faire vos preuves. Au début, vous danserez avec des danseuses un peu moins bonnes, celles qui ne sont pas invitées au début de tanda. Même si c'est pour la dernière danse d'une tanda, ne refusez pas une invitation. La cavalière vous offre votre chance, ne la gâchez pas. Si vous faîtes l'affaire, vous pourrez danser une tanda complète après.

    • Si vous êtes cavalière, il est important de vous montrer. Vous pourrez demander à un cavalier de vous présenter
       Essayez d'en trouver un calme parmi vos amis.
      ¿Te me varea? Si yo te vareo...
      Sinon, certains clubs ont des danseurs qui s'occupent de faire danser les nouvelles. De toute façon, les Argentins sont assez curieux et vous trouverez certainement quelqu'un pour vous inviter.
      Pour la cavalière, c'est beaucoup plus facile que pour le cavalier. Pas besoin d'être jeune et belle pour danser, il suffit d'être attentive et de bien suivre pour danser toute la soirée.

    • Ce qui frappe à Bs. As. c'est comme les danseurs sont observés. On vous décortique. si ça plait, vous croiserez quelques regards de femmes assises, ou d'hommes qui vous feront des signes d'encouragement (sourire ou pouce en l'air par exemple). En revenant à votre place, il n'est pas rare de recevoir une tape amicale dans le dos ou de se faire presser l'avant bras de façon très chaleureuse.

    • Lorsque vous dansez toute une tanda, vous remarquerez que vous aurez les mêmes couples devant et derrière pendant les 4 morceaux. Si ce n'est pas le cas, c'est que vous avez enfreint l'une des règles de ces milongas en faisant du gymkhana. C'est redouté par les cavalières (risques de coups au centre) et vous aurez aussi diminué l'harmonie du bal, ce que ne vous pardonnerons pas trop les autres danseurs.

      Remarquez comme les danseurs continuent de parler sur le début de la musique et comme la piste se vide à la fin de la tanda pendant la cortina.
      Pas question de rester sur la piste ou de danser les premières dizaines de secondes des danses...

    • Il est très rare de recevoir un coup dans ces milongas. Peut-être un ou deux frôlements dans toute une soirée. Les dangers viennent plutôt de ceux qui dansent au milieu et qui en sortent, ou de ceux qui rentrent sans regarder (c'est hyper fréquent, mais en général, ce sont de moins bons danseurs qui vont très rapidement au centre de la piste).

      Tanda de valse complète à "Lo de Celia". Remarquez l'harmonie de la piste. Cette vidéo est de fin de soirée, il ne reste plus grand monde sur la piste, mais on sent bien l'harmonie sans pareil qui règne ici.
       

    • Si vous respectez ces recommandations, vous danserez progressivement avec des cavalières de plus en plus compétentes. Il vous reste à voir comment inviter et être invité(e).

L'art de la mirada

Ce n'est pas tout de bien danser, encore faut-il repérer les danseurs et danseuses que vous intéressez.

Le système est en fait très pratique. Pour un cavalier, il suffit de regarder les cavalières qui vous regardent et de leur faire un petit signe de tête. Ne soyez pas trop gourmand au début. En général, les cavalières sont d'un côté et les hommes de l'autre. Les meilleures cavalières n'accepteront généralement pas de danser avec un inconnu. Vous devrez donc inviter les voisines qui feront à leur retour un compte-rendu (les bonnes cavalières vous auront aussi observé...).

Dans un endroit où vous êtes inconnus, il vous faudra environ une ou deux heures pour pouvoir danser avec les meilleurs danseuses. Mais une fois que vous avez dansé avec l'une d'elle, vous aurez droit à toutes les attentions et il vous suffira de choisir votre partenaire pour la prochaine tanda.

Une cavalière peut progresser plus vite. Lorsqu'elle est présentée par un bon cavalier, elle sera immédiatement invitée par les meilleurs danseurs. Contrairement à ce qui se passe en France, pas besoin d'avoir moins de 30 ans et une silhouette de rêve pour bien danser à Bs. As. Des cavalières un peu rondes, âgées et pas magnifiques peuvent danser toute la soirée si elles dansent bien.


Toutes les cavalières ont leur chance à Buenos Aires car toutes peuvent procurer un grand plaisir à leur cavalier en tango portègne.

On remarquera sur les tables un nombre impressionnant de paires de lunettes, accessoire indispensable lorsque l'on a pas une vue parfaite de loin. En effet, il faut parfois inviter à plusieurs dizaines de mètres de distance et il faut mettre tous les atouts de son côté.

Lorsque la piste se remplit il est plus difficile d'inviter car les danseurs masquent les partenaires potentiels. Il est donc important d'inviter très vite. Lorsque l'on est toujours dans les premiers à traverser la piste pour aller chercher sa cavalière, cela permet aussi de se faire repérer.

La cavalière attend qu'on vienne la chercher. Si elle est en bord de piste, elle ne se lèvera qu'à l'arrivée du cavalier. Si elle est plus en arrière, elle rejoindra le cavalier au bord de la piste.

Les cavaliers qui font le tour des tables n'invitent que des étrangères. Les argentines n'acceptent généralement pas, sauf dans les boîtes à touristes. Les argentins n'invitent jamais des femmes en couple (s'ils pensent que vous êtes Argentins, ils enverront un ami demander l'autorisation au mari d'inviter la femme). Vous devrez donc vous séparer (c'est obligatoire dans certaines milongas comme Lo de Celia).

Si vous êtes un groupe, mixte, homme et femme, vous serez généralement en bout de piste, et ça peut-être un peu moins facile d'inviter car les regards iront plutôt dans les directions où il y a plus de partenaires potentiels. Cependant, si vous êtes repérés, l'endroit n'a pas trop d'importance.

A ce sujet , dans des salles où il y a peu de tables sur les côtés et un maximum en bout de piste (comme el Arrenque, par exemple), les meilleurs places sont celles où on est au milieu des gens. En effet, être près des danseurs n'a pas trop d'intérêt, sauf pour le spectacle. Ce qui compte, c'est de pouvoir être invité...

 

N'hésitez pas à accepter des invitations d'une milonga sur l'autre. en effet, cela vous fera gagner beaucoup de temps dans la hiérarchie. Ainsi, lorsque vous arriverez dans une nouvelle milonga, vous aurez un(e) complice qui vous invitera. Vous pourrez alors faire votre présentation dès le début de la tanda, ce qui vous donnera l'occasion d'être vite repéré. Vous pourrez ainsi danser, dès le début de la milonga avec les meilleurs danseurs et danseuses.

D'ailleurs, même les argentins font de même. D'excellentes cavalières m'ont demandé de les présenter (elles viennent s'assoir quelques instants à votre table en arrivant sous prétexte de vous faire un petit bonjour), et vous les invitez donc en priorité, ainsi, elles peuvent annoncer aux autres danseurs qu'elles sont arrivées. Vous, cavaliers en tirez aussi profit, comme ce sont de bonnes cavalières, les autres danseuses qui ne vous connaissent pas vous repèrent ainsi encore pus vite.


 

Bon, tous ces conseils font un peu stratégie. En fait, c'est beaucoup plus sympa et naturel que ça.  Les Argentins s'amusent dans les milongas, même si ce sont toujours les mêmes musiques (ceux qui dansent nuevo dansent sur les mêmes orchestres que leurs grand parents l'après-midi). Les tango nuevos si fréquents en France servent ici de cortinas et personne ne les danse (on entend les tangos nuevos que dans les boîtes à touristes).


Petite démo au nouveau chiqué. Tout en finesse. Ici, les démos n'ont pas les exubérances de ce que l'on peut voir par nos "maestros"

 D'autres vidéos de milongas de Buenos Aires (tango, milongas, valses, mais aussi chacareras et rocks) :
http://www.youtube.com/byc48


Pour en savoir plus sur le tango à Buenos Aires

Contrairement à la province et la plupart des autres pays du Monde, ici, la mirada est de rigueur. Les codes sont beaucoup plus stricts que partout ailleurs. On peut le regretter, mais on ne discute pas avec une tradition. Ne pas la respecter, c'est risquer de passer à côté de ce qui fait la spécificité du tango d'ici.

·         Quand on arrive en couple dans une milonga, la première chose à indiquer est si l'on souhaite être « juntos » ou « separados ». Cela déterminera votre placement dans la salle et les personnes avec qui vous pourrez danser. Dans une milonga traditionnelle, on n'invite pas les couples. Cela limitera donc votre champ d'activité à votre partenaire, aux touristes qui ne connaissent pas cette loi et à quelques opportunistes, pas toujours bons danseurs, qui écument les allées.
En général, les couples sont placés plus près des murs et ont une moins bonne visibilité de la salle. C'est logique car ils n'ont pas à se livrer à la mirada pour choisir leur partenaire de danse.

·         Entre chaque danse, il est de bon ton de discuter quelques dizaines de secondes. C'est un bon moyen pour apprendre le castellano argentino et ses subtilités de prononciation, si savoureuses. En tout cas, ne démarrez pas bille en tête, en essayant de slalomer entre les couples bavards, vous vous feriez une vilaine réputation. Vous pouvez commencer à danser un peu avant, mais alors, faîtes-le sur place, dans l'espace disponible, attendez que le train se mette en marche.

·         Même dans les milongas où l'on danse un tango plus ouvert, on respecte le sens du bal et les pistes. Pas question de bousculer, en tout cas sur les rangs extérieurs. Si un frôlement se produit, un petit sourire arrange tout (cela parait évident, mais ce n'est pas un réflexe établi partout...).

·         En Argentine, on danse... sur la musique. Cela peut sembler assez étonnant à certains, mais c'est ce qui fait de si jolies milongas où l'on éprouve un sentiment d'ensemble.

·         On danse plusieurs tangos à Buenos Aires, mais ils ont tous des points communs.

·         Milonguero. Le danseur enveloppe sa danseuse, créée une bulle autour d'elle. Les Portègnes qui se sont spécialisé dans ce style sont en général âgés et remporte un grand succès auprès des femmes étrangères. Certains clubs comme El Beso s'en sont fait une spécialité.

·         Salon. Pas forcément plus ouvert, ce style est assez recherché par les Argentines. Attention, ce n'est pas le style salon dont on parle en France où l'on parlerait plutôt de milonguero.

·         Nuevo. Ce terme ne veut pas dire grand chose. Ce serait en France considéré comme du « Salon ». L'abrazo est souvent à géométrie variable et les mouvements beaucoup plus fluides. Il est possible de danser nuevo et milonguero côte à côte sans la moindre perturbation. La clef de ce tango est la dissociation et l'élévation. La place qui n'existe pas en largeur est créée dans la hauteur. On voit régulièrement de jeunes argentins exilés en France pratiquer ce style, si différent de ce que nous pratiquons.

·         Selon les milongas, le style majoritaire est différent. Il convient donc d'adopter une façon de danser compatible avec l'environnement. Dans la pratique, je conseillerai d'adopter un style salon (milonguero français), le milonguero portègne et surtout le nuévo d'ici étant très difficiles à pratiquer si on veut avoir une chance de danser avec les meilleures danseuses locales.

·         À la fin d'une tanda, on raccompagne la danseuse à sa place. Cela présente plusieurs avantages (pour ceux pour qui la simple civilité ne serait pas un argument convaincant).

·         Cela permet de prolonger la magie de la danse de quelques précieuses secondes.

·         Cela donne une chance aux autres danseurs de voir que vous avez dansé et que cela s'est bien passé. Vous devenez donc un partenaire potentiel si vous avez le sourire...

·         En raccompagnant une femme, vous avez de fortes chances de croiser le regard d'une de ses voisines qui vous fera ainsi savoir que vous pourrez tenter votre chance lors de la prochaine tanda.

·         Danser avec une danseuse, c'est aussi la présenter aux autres danseurs. Si vous la torturez, vous diminuerez ses chances d'être invitée (et annihilerez les vôtres...). Soyez très attentif à ce qu'elle ne soit pas mise en difficulté devant les tables des messieurs...


Vous aussi vous voulez aller à Buenos Aires ?

Voyages à la carte pour découvrir le tango portègne...

Accueil
Voyages à Buenos Aires

© Bernardo Tango 2000-2014   

Creative Commons License
Le contenu de ce site est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

Flag Counter